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Prix national de chimie « Andrés Manuel del Río » - Lauréate Catalina María Pérez Berumen

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12.16.2025

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Former les docteures autrement: les formations complémentaires
Catalina M. PEREZ BERUMEN, docteure I-MEP² 


Son témoignage :

À l’automne 1999, lorsque j’ai commencé ma thèse de doctorat, je croyais que le bonheur se trouverait simplement au laboratoire, entre le travail quotidien et la passion de la recherche. Je ne me doutais pas encore que l’on m’inviterait à emprunter des chemins inattendus à travers des formations complémentaires.

Avec une maîtrise encore fragile de la langue française, j’ai d’abord choisi la voie de la sécurité : un cours d’anglais, puis un cours de photographie scientifique. Mais au fil du temps, une question essentielle s’est imposée à moi, silencieuse mais persistante : que voulais-je vraiment faire de ma vie ? C’est alors que j’ai osé choisir des formations qui m’étaient totalement inconnues, presque mystérieuses : un cours d’Épistémologie de la science et un autre intitulé Pratiques pédagogiques. Je les ai choisis précisément parce que je ne savais rien d’eux. Sans le savoir, ces deux choix allaient transformer ma manière de voir la science… et ma propre vocation.

L’épistémologie m’a appris à voir la recherche en chimie comme une aventure humaine, une quête de sens qui dépasse les résultats et les publications. Les Pratiques pédagogiques, quant à elles, m’ont révélé une vérité essentielle : transmettre le savoir est un acte profondément exigeant et profondément généreux. Être universitaire ne signifie pas seulement produire des connaissances, mais aussi apprendre à écouter, à comprendre les différences, à accompagner les apprentissages, à communiquer avec clarté et à cultiver une patience inlassable, portée par l’enthousiasme et la conviction que la science peut transformer des vies.

Après l’obtention de mon doctorat, je suis retournée au Mexique, animée par le désir sincère de rendre à mon pays et à mon université ce qu’ils m’avaient offert. Le passage d’étudiante à enseignante fut une épreuve, mais aussi une révélation. En sept ans, tout avait changé : les règles, les exigences, les responsabilités. Je me suis retrouvée face à un univers complexe, parfois déroutant, mais profondément vivant, où chaque programme, chaque plan d’études, chaque décision pédagogique engageait l’avenir des étudiants.

J’ai eu la chance d’être entourée de mentors généreux, mes anciens professeurs, qui m’ont appris que l’excellence académique se construit dans la rigueur, mais aussi dans l’engagement collectif et le sens des responsabilités. Peu à peu, j’ai compris que concevoir, planifier et gérer des programmes d’études, réfléchir aux modèles pédagogiques et dialoguer avec les étudiants était un acte de foi en l’éducation et en la jeunesse.

Au fil des années, mon engagement n’a cessé de s’approfondir. J’ai eu l’honneur de coordonner la création du master de chimie de ma faculté, puis de présider l’organisation nationale chargée de l’accréditation des programmes de chimie au Mexique. J’ai également contribué, au sein de nombreux comités nationaux, à l’évaluation des enseignants, des chercheurs, des jeunes diplômés et des projets de recherche, toujours guidée par une même conviction : l’enseignement supérieur est un levier puissant de transformation sociale.

En octobre dernier, recevoir le Prix national de chimie « Andrés Manuel del Río » a été un moment de profonde émotion et de gratitude. Cette distinction, la plus prestigieuse au Mexique dans le domaine de l’enseignement supérieur en chimie, m’a permis de mesurer le chemin parcouru au cours de ces vingt-deux dernières années dans mon université — une petite université du nord du Mexique dont le rayonnement dépasse aujourd’hui les frontières locales pour s’inscrire dans une dynamique nationale et internationale.

En regardant en arrière, je comprends que tout a commencé par une décision simple, presque innocente : celle d’oser sortir de ma zone de confort pendant mon doctorat. Ces formations complémentaires n’ont pas seulement orienté ma carrière ; elles ont donné un sens durable à mon engagement scientifique et pédagogique. Et si ce parcours m’a appris une chose, c’est que la science, lorsqu’elle est portée par la transmission et le sens, peut devenir une force capable de transformer les individus, les institutions et les sociétés.

Retrouvez son interview à la télévision mexicaine (en espagnol) ici

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